Ma vision du kitesurf à Dakhla

@womenandocean
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Apprendre le kitesurf à Dakhla était un conseil que j’entendais de toute part. Partir avec les filles de Pink Pack et enfin participer à un de leurs events étaient un souhait depuis 1 an. Réunir les deux étaient juste la cerise sur le gâteau et Mel l’a fait. Elle a réunit une sacrée bande de filles dans le désert marocain : Dakhla au Sahara occidental. Les conditions parfaites étant toutes réunies, j’ai signé et j’allais enfin apprendre le kitesurf, ce sport dont tout le monde me chantait les louanges.

Le kitesurf, c’est ce sport où tu es debout sur une board, les pieds glissés dans des straps en étant reliée par un harnais à une aile (jusque là j’ai bon hein Tarek ^^). Car oui sans aile, le kitesurf c’est juste un sacré accoutrement bien chiant à mettre et sans aile bah tu fais pas grand chose ! Depuis que j’ai ce blog et que j’interviewe des riders, je n’entends parler que du kitesurf comme étant le sport génial, grisant, électrisant bref tout le monde est accro. J’étais donc curieuse d’essayer. La semaine précédant notre arrivée à Dakhla, le vent soufflait à quasi 35 nœuds, nous avons à peine dépasser les 20 durant nos vacances ! Mais comme nous a dit Tarek, notre maître Yoda à nous débutantes, apprendre à gérer une aile dans peu de vent c’est très formateur. Et je peux vous assurer qu’avoir une aile qui se casse la gueule sans arrêt plusieurs heures d’affilée par manque de vent, c’est passablement agaçant mais on devient experte dans l’art de la décoller peu importe comment, et de rigoler aussi parce que bon quand même on a bien rigolé ^^

L’apprentissage du kitesurf était pour moi un challenge. Le vent associé à l’aile me faisaient un peu peur, après tout le vent ne se contrôle pas et une aile, au début on essaie de l’apprivoiser mais on se doute bien que des gamelles il y en aura. On a toutes parlé de nos craintes à Tarek et il nous a présenté ça comme un jeu, en une demie-journée, nos craintes et a-priori avaient disparu, on a donc adopté la vision de Tarek : le kitesurf c’est drôle point. Le but : se faire plaisir et rire avec les copines. Pour nous rassurer on se motivait les unes les autres comme de super binomettes, et on a appris à gérer l’aile en étant assise dans l’eau, et se faire tirer par l’aile en ayant les fesses dans l’eau est beaucoup moins effrayant qu’en étant debout et en chutant (comme une merde faut dire la vérité). Durant cette semaine d’apprentissage, on a appris à se maquiller comme à la guerre (comprenez du stick anti UV de couleur qui te donne la super classe), à gonfler notre aile (fatigant mais ça fait les bras), à délier nos lignes le long de la plage (22 mètres de longueur aller-retour, ça fait une micro randonnée), à attacher nos lignes à l’aile (une tête d’alouette c’est vraiment un petit nœud de rien du tout), à enfiler casque, harnais et gilet de sauvetage (de vraies mesdames Michelin). Entre deux danses sur une chanson des Spice Girls, quelques crashs d’aile (pour vérifier la solidité de l’aile), quelques glissades incontrôlées (parce que bon on fait un sport de glisse), quelques tasses assez salées (bon pour les sinus), on a réussi plutôt bien à gérer l’aile à 10h, ou bien était-ce à 11h ou alors à 19h ? Je ne sais plus trop, un jour l’aile a fait tout le créneau horaire de mon point de vue car franchement à toujours rester entre 10h et 14h elle devait en avoir marre 🙂 On a pas mal parlé de border (on tire la barre vers nous comme la couette quand on fait dodo), de choquer (l’inverse de border, on tend les bras et donc la barre et on se rend compte qu’un bras c’est pas grand) et de faire amie-ami avec ce fameux point neutre (le juste milieu parfait) !

Quand on croit que c'est pas rangé alors que si ! @womenandocean
Quand on croit que c’est pas rangé alors que si ! @womenandocean

On a donc appris à décoller l’aile, la faire atterrir (doucement), la garder au zénith (bien bien au dessus de ta tête pour faire travailler les muscles du cou), à 10h ou à 14h (oui question horaire c’est pas très fou fou ^^). Le plus important dans le kitesurf, est de savoir gérer l’aile et la manier dans la fenêtre de vent pour ensuite sortir ses fesses de l’eau et rester (tant bien que mal) debout sur la planche et rider (le but de ce sport évidemment). L’étape qui, paraît-il est la plus drôle dans le kitesurf, c’est la nage tractée. Pour la nage tractée, on est sur les genoux au départ, reliée à l’aile évidemment et on l’envoie entre 10h et 12h à coup de jolis huit (si tu sais compter que jusqu’à 7 t’es dans la merde par contre) pour qu’elle prenne le vent et donc de la force et nous traîne dans l’eau. Quand Tarek nous a montré cette partie, il avait toujours la tête hors de l’eau, et il a trouvé drôle de faire le petit train en nage tractée (Tarek avec 2 d’entre nous accrochées à lui : j’avoue c’était hyper drôle). Pour ma part, lorsque je suis partie en nage tractée toute seule comme une grande, j’ai perdu un chausson, bu 8 tasses, fait 3 mètres sur le dos, 5 mètres sur le côté droit, effectué une rotation de barre et ai failli rentré dans le bateau de la sécurité. Mais je ne me suis pas noyée, j’ai récupéré mon chausson (merci Tarek) et j’ai pas eu peur. Et pourtant je vous assure que je ne faisais pas la fière quand il a fallu y aller. Idem quand on est passée à l’étape de la « feuille morte », en gros c’est quand on doit se stabiliser dans l’eau avec la planche aux pieds (pas à côté hein ça sert à rien) avant d’envoyer l’aile d’un côté et sortir les fesses de l’eau. Bon là j’ai rien compris, j’étais au point neutre question sensation, après mes 2 tentatives. Déjà mettre la planche c’est chiant, faut tenir madame l’aile en l’air avec une main, la regarder de temps à autre parce qu’elle aime bien faire sa maligne et se balader tranquillement, attraper sa planche de notre seconde main, s’asseoir par terre (enfin dans l’eau et dignement si possible) et ensuite arriver à enfiler ses pieds dans les straps. Une fois ça réussit, si on ne s’est pas noyée, si l’aile n’est pas tombée, si la planche ne nous est pas rentrée dedans, on peut reprendre la barre à deux mains, se stabiliser et hop ma poule on tente de lever ses fesses pour tirer son premier bord. Moi j’en suis là, j’ai pas tenté de sortir mes fesses de l’eau, elles ont bien essayé à un moment donné mais l’appel de l’eau était le plus fort.

Perdue dans le désert - @womenandocean
Perdue dans le désert – @womenandocean

Je plaisante mais je reconnais que ce sport, bien que beaucoup trop technique pour moi, est un sport intéressant car il m’a obligé à me dépasser. J’avais cette crainte constante que j’ai su dépasser quotidiennement, j’avais peur de me faire peur et au final, ça ne m’est jamais arrivé, j’ai tenté, je me suis dépassée pour appréhender et aller au delà de mes craintes. J’ai appris et j’ai réussi à ne jamais avoir peur, et même à rire, à ne pas paniquer et à gérer l’aile, même quand j’étais la tête dans l’eau, sur le dos je n’ai jamais lâché cette foutue barre. Pour avoir une idée plus précise du kitesurf, je sais que je dois reprendre des cours pour sortir et tirer des bords, cela me permettra d’avoir une idée plus précise de ce que l’on ressent, mais le coup de coeur n’est pas là, je ne suis pas pressée d’y retourner. C’est trop technique, trop de paramètres à prendre en compte, trop de choses à intégrer, je ne pense pas que ce sport soit pour moi mais je dois en faire plus pour vraiment le savoir. Et je ne vous ai pas parlé du vent qui était différent le matin de l’après midi. Pour ma part c’était kif kif 🙂 Si vous souhaitez essayer ce sport, allez y, vous vous dépasserez, votre zone de confort n’existera plus et vous serez grandi de cette expérience. Et franchement allez à Dakhla, l’équipe est top, le lieu aussi et même si je n’ai pas craqué pour le kitesurf, mon prof était juste génial, je n’aurais pas rêvé mieux pour apprendre.

Retrouvez toutes les photos et infos sur l’UCPA à Dakhla sur leur page Facebook, et pour réserver votre séjour, c’est simple, c’est sur le site de l’UCPA.

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